La croix n’est pas une réponse parmi tant d’autres. Elle est le cœur du message que Paul a reçu la mission d’annoncer. la croix répond véritablement aux besoins de chacun de nous.
Les religieux, les scientifiques et le Christ crucifié. C’est autour de cette affirmation de l’apôtre Paul, tirée de 1 Corinthiens 1:23, que s’ouvre le parcours 2026 de notre revue.
Mais pourquoi ce thème ? Et surtout, pourquoi aujourd’hui ?
Chaque génération cherche des réponses aux grandes questions de l’existence : Qui est Dieu ? Qui sommes-nous ? D’où venons-nous ? Pourquoi souffrons-nous ? Comment être sauvés ? Quel sens donner à notre vie ?
Les époques changent, les technologies évoluent, les connaissances progressent, mais ces questions demeurent.
Et le monde de Paul n’était pas si différent du nôtre.
Un monde façonné par plusieurs forces
Pour comprendre le message de Paul, il faut d’abord comprendre le monde dans lequel il l’a annoncé.
À son époque, plusieurs grandes forces façonnaient la société.
Rome : le pouvoir
Lorsque Paul écrit aux Corinthiens, l’Empire romain domine politiquement et militairement une grande partie du monde méditerranéen.
Rome représente la puissance, l’ordre, l’autorité et la domination.
La question du pouvoir occupe donc une place centrale : qui gouverne ? Qui possède l’autorité ? Qui est capable d’imposer sa volonté ?
Cette fascination pour le pouvoir n’a pas disparu.
Aujourd’hui encore, notre monde admire les dirigeants, les grandes puissances économiques, les personnalités influentes et ceux qui semblent avoir la capacité de transformer leur environnement.
Les noms ont changé. La recherche du pouvoir, elle, demeure.
La Grèce : la recherche de la sagesse
Mais Rome ne gouvernait pas tout.
Même sous domination romaine, la pensée grecque continuait profondément à influencer les esprits. La philosophie, le raisonnement, l’argumentation et la recherche de la vérité occupaient une place importante dans le monde intellectuel.
Une question dominait alors : qu’est-ce que la vérité ?
Cette recherche de la sagesse nous rappelle certaines dynamiques de notre époque : les universités, les centres de recherche, les débats intellectuels, les réseaux sociaux et tous les espaces où chacun cherche à démontrer la justesse de sa pensée.
Notre époque possède des outils différents, mais une question demeure : comment savons-nous que ce que nous croyons est vrai ?
Les Juifs : l’attente du Messie
Il y avait également le monde religieux juif.
Les Juifs connaissaient la Loi, les prophètes, les promesses de Dieu et l’espérance du Messie. Mais cette attente était également marquée par leur situation historique : ils vivaient sous la domination romaine.
Beaucoup attendaient donc un Messie puissant, capable de délivrer leur peuple.
Ils demandaient des signes.
Ils avaient vu dans leur histoire Moïse, Élie et d’autres serviteurs de Dieu au travers desquels des miracles avaient été accomplis. Leur conception de l’intervention divine pouvait ainsi être fortement associée à la puissance et aux signes extraordinaires.
Les uns cherchaient le pouvoir. Les autres recherchaient la sagesse. Les autres encore attendaient un signe.
Et c’est dans ce monde que Paul annonce l’Évangile.
Mais Paul prêche-t-il un nouveau système ?
C’est ici que le message devient particulièrement surprenant.
Paul aurait pu chercher à répondre à chaque groupe selon ses propres attentes.
Aux religieux, il aurait pu proposer davantage de signes.
Aux intellectuels, il aurait pu présenter une nouvelle philosophie.Au monde fasciné par la puissance, il aurait pu annoncer un Messie capable de rivaliser avec les puissances de son temps.
Mais Paul annonce autre chose.
« Nous, nous prêchons Christ crucifié. » (1 Corinthiens 1:23)
La réponse de Dieu n’est pas d’abord une nouvelle cérémonie.
Ce n’est pas une nouvelle école de pensée.
Ce n’est pas une démonstration de puissance conforme aux attentes humaines.
C’est une personne : Jésus-Christ.
Et cette personne est annoncée sous une forme qui semble contradictoire avec les attentes de son époque : un Christ crucifié.
Le scandale de la croix
Pour celui qui attendait un Messie puissant, la croix pouvait sembler être une défaite.
Pour celui qui recherchait une sagesse conforme aux standards intellectuels de son époque, l’annonce d’un homme crucifié comme Sauveur pouvait sembler insensée.
Mais Paul affirme que Dieu agit précisément là où les attentes humaines sont bouleversées.
La croix révèle une puissance différente.
Elle révèle une sagesse différente.
Elle révèle surtout le caractère et l’amour de Dieu.
Voilà le paradoxe du christianisme : alors que l’homme cherche souvent Dieu à travers ce qui impressionne, Dieu choisit de révéler son salut à travers Christ crucifié.
Et nous, aujourd’hui ?
Le monde de Paul n’est pas le nôtre.
Mais les grandes questions de l’homme demeurent.
Nous avons aujourd’hui davantage de connaissances, des technologies extraordinaires, des intelligences artificielles, des moyens de communication jamais connus auparavant.
Nous pouvons accéder à une quantité immense d’informations en quelques secondes.
Pourtant, une question demeure : toutes ces connaissances peuvent-elles répondre à la question fondamentale de notre existence ?
Notre époque peut également nous placer devant plusieurs influences.
Nous pouvons rechercher les signes et les expériences extraordinaires.
Nous pouvons vouloir tout comprendre avant de croire.
Nous pouvons placer notre confiance dans le pouvoir, la réussite, la connaissance, l’influence ou la performance.
Nous pouvons même être très religieux tout en étant éloignés du cœur de Dieu.
C’est pourquoi le message de Paul reste profondément actuel.
La question n’est pas simplement : « Suis-je religieux ? »
Ni : « Suis-je quelqu’un qui cherche des preuves et des explications ? »
La question est plus profonde : Quelle place Christ crucifié occupe-t-il dans ma manière de croire, de penser et de vivre ?
Paul lui-même avait connu la religion
Cette question prend encore plus de force lorsqu’on se souvient de qui était Paul.
Avant de devenir l’un des grands annonciateurs de l’Évangile, Paul était profondément attaché à la tradition religieuse de son peuple. Il était pharisien et zélé pour les traditions de ses pères.
Il avait donc une connaissance religieuse considérable.
Mais sur le chemin de Damas, il rencontre le Christ.
Cette rencontre bouleverse son existence.
Celui qui persécutait les disciples de Jésus devient celui qui annonce Jésus.
Paul ne renie pas simplement son intelligence ou sa connaissance. Il découvre que toute connaissance doit trouver sa juste place lorsqu’elle est confrontée à la personne de Jésus-Christ.
C’est pourquoi son message ne consiste pas à inviter les hommes à devenir simplement plus religieux ou plus savants.
Il les conduit vers Christ.
Une croix au centre
On pourrait représenter le monde décrit par Paul comme un ensemble de forces qui cherchent chacune quelque chose.
Le pouvoir cherche la puissance.
La religion cherche le signe.
La sagesse cherche la compréhension.
Et au milieu de tout cela, Paul place la croix.
Non pas comme un élément supplémentaire parmi d’autres.
Mais comme le point vers lequel tout doit être réorienté.
C’est peut-être là que se trouve l’interpellation la plus forte de ce premier enseignement.
Nous pouvons avoir des convictions religieuses.
Nous pouvons avoir une excellente formation.
Nous pouvons être passionnés par la science et la connaissance.
Nous pouvons poursuivre la réussite, l’influence ou le pouvoir.
Mais avons-nous réellement placé Jésus-Christ au centre ?
Car le christianisme ne consiste pas seulement à connaître des doctrines sur Christ.
Il s’agit de connaître Christ.
Il ne s’agit pas simplement de parler de la croix.
Il s’agit de comprendre ce que la croix révèle de Dieu, de nous-mêmes, du péché, de la grâce et du salut.
Revenir à l’essentiel
La croix vient donc nous rappeler que notre plus grand besoin n’est pas simplement d’accumuler davantage d’informations.
Nous avons besoin de Dieu.Nous avons besoin du salut.
Nous avons besoin d’une vie réconciliée avec notre Créateur.
Et au cœur de l’Évangile se trouve Jésus-Christ.
C’est pourquoi, au milieu de toutes les voix de notre époque, la question demeure :
Vers quoi tournons-nous nos regards ?
Vers le pouvoir ?
Vers la religion ?
Vers notre propre intelligence ?
Ou vers Christ ?
Paul avait compris son époque. Mais il avait surtout compris que la réponse de Dieu ne devait pas être adaptée aux attentes de chaque groupe.
« Nous, nous prêchons Christ crucifié. »
Les siècles ont passé.
Les vêtements ont changé.
Les technologies ont changé.
Les systèmes politiques ont changé.
Les moyens de transmettre la connaissance ont changé.
Mais le cœur humain demeure en quête de sens, de vérité, de salut et d’espérance.
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La croix n’est pas une réponse parmi tant d’autres. La croix répond véritablement aux besoins de chacun de nous.
À suivre dans le prochain épisode du parcours « Les religieux, les scientifiques et le Christ crucifié ».
Que Dieu vous bénisse!
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